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Le système scolaire français entre tradition et réforme

Illustration, le système scolaire français entre tradition et réforme

Par Hugo Do Peso (rédacteur) et Eric Vanderhaegen (artiste)

Il ne s’agit pas de proposer une collection de solutions miracles pour sauver un système éducatif français souvent jugé à la dérive ; il ne s’agit pas non plus de défendre une obsession de la modernité pour la seule raison que le monde change. Les débats sur l’éducation en France ont tendance à se polariser autour de caricatures partisanes sans forcément nous aider à comprendre où et comment se fait sentir le besoin de réformes. Il faut donc défaire certains a priori sur la nouvelle génération à éduquer et sur les innovations proposées ou déjà testées.

S’il est un ministère historiquement connu pour être le lieu des polémiques les plus sensibles, c’est bien celui de l’Éducation nationale. Le nouveau locataire de la rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer, ne semble pas moins sujet aux controverses que sa prédécesseure, Najat Vallaud-Belkacem, alors qu’ils sont souvent présentés comme des opposants frontaux. La démission en septembre de Michel Lussault, alors président du Conseil Supérieur des Programmes et proche de l’ex-ministre, avait accrédité la thèse d’un retour des « traditionnalistes », les partisans de l’autorité et de la transmission des savoirs, face aux « pédagogistes », défendant l’autonomie de l’enfant et la nécessité de son éveil culturel. Certes, nombreuses ont été les mesures, prises par le gouvernement socialiste, que Blanquer a tenu à détricoter, accréditant son image d’homme de droite. Par ailleurs, les multiples nouveautés annoncées paraissent teintées de conservatisme :  retour du chant choral, interdiction des téléphones portables, possibilité de retour à l’uniforme, etc.

Une école de gauche et une école de droite ?

Les intentions du nouveau ministre ont tout l’air d’un retour au camp traditionaliste. Sa volonté annoncée de revenir à la méthode syllabique est un des grands totems de la droite. Elle consiste à apprendre à lire aux enfants en leur apprenant les syllabes et les sons, alors que la méthode globale repose sur l’apprentissage des mots dans leur totalité, la déduction du sens d’une phrase, pour ensuite comprendre le fonctionnement son-syllabe. L’immense majorité des enseignants pratiquent pourtant une méthode mixte. Ce débat hérité des années 60 continue de renforcer les contours d’un manichéisme entre la gauche psychologue et la droite rationnelle. Nous pourrions présenter cela sous le prisme de la caricature : d’une part à gauche, se trouveraient les laxistes, les libertaires, ceux qui mettraient en avant un individu déraciné, défaisant volontiers toute tradition et toute morale : on leur attribue donc un ensemble éclectique de théories et méthodes d’enseignement promouvant une autonomie de l’enfant apprenant. D’autre part à droite, se trouveraient les réactionnaires, les autoritaires, passionarias du drapeau, de la Marseillaise, de la blouse d’écolier et de l’estrade professorale, enfermés dans le formatage du cerveau pour faire de chaque génération une cohorte apte au marché du travail et à l’amour de sa patrie millénaire : ceux-ci refont régulièrement surface à chaque élément de nostalgie, du « récit national » défendu par François Fillon au rétablissement annoncé de la dictée quotidienne.

Néanmoins, J.-M. Blanquer semble faire une relative exception alors que la presse rappelle régulièrement son attachement aux neurosciences et à la place du développement psychologique de l’enfant. L’ancien directeur de l’ESSEC, grande école de commerce, est aussi l’ancien recteur d’académie de Créteil pour le moins inventif, songeant notamment à la création d’une cagnotte de classe contre l’absentéisme (une certaine somme allouée à chaque élève qui grossit de mois en mois si celui-ci ne sèche pas les cours) ou d’un cartable dématérialisé. Un article de Marie Piquemal dans Libération souligne ainsi que l’ambiguïté idéologique du nouveau ministre semble se doubler d’une réelle stratégie politique : donner des gages à la droite conservatrice par le maniement de symboles (les annonces tonitruantes sur la dictée ou les téléphones portables) tout en se laissant une liberté totale d’innovation plus discrète, moins sujette à polémique.

Illustrations, le système scolaire français entre tradition et réforme
Illustrations d'Eric Vanderhaegen

Rappelons-nous cette séquence dans On n’est pas couché, où Najat Vallaud-Belkacem, assumant clairement son aversion pour son successeur, ou du moins pour ses idées, était aussi venue défendre son bilan, relativement méconnu. Si chacun concède aisément que la ministre socialiste a subi de manière récurrente des polémiques diffamatoires sur ses propos (on l’avait ainsi accusée de vouloir enseigner la langue arabe en primaire), il est plus compliqué de connaître en détails les actions de son ministère, sans fantasme et sans a priori non plus. Il s’agissait, sur le plateau de l’émission, de savoir si effectivement, comme cela avait pu être dit, le latin et le grec avaient disparu du collège. L’ex-ministre, qualifiant d’emblée son positionnement « d’orthogonal » à celui de Jean-Michel Blanquer, explique qu’il ne s’agit pas, dans le cadre de la réforme du collège, d’une disparition de ce cours symbolique de l’enseignement « classique », mais simplement d’un changement de statut du cours. Autrefois le latin et le grec étaient une option, ce qui rajoutait des heures de cours et permettait aux élèves la suivant de se retrouver dans de meilleures classes, conférant donc une certaine valeur ajoutée sur le dos de ceux qui ne suivaient pas l’option. C’est désormais un EPI, enseignement pratique interdisciplinaire, prévu dans l’emploi du temps, accessible à 100% des élèves sans critère de niveau, qu’ils sont libres de poursuivre ou non. Elle accuse ensuite ses détracteurs de vouloir défendre une « culture de l’élite », sélectionnant une minorité d’élèves déjà favorisés aux dépens des autres et donc de l’égalité des chances. On retrouve donc là cette superposition de l’opposition tradition-modernité et de celle entre élitisme de droite et égalitarisme de gauche. La polémique sur le latin tient-elle d’une crainte de la modernisation de notre école républicaine ou bien véritablement d’une position éducative construite sur l’intérêt de l’enfant ?

Pourquoi réformer ?

On comprend bien que l’enjeu de chaque réforme est d’enterrer une situation passée pour ouvrir la page du futur. En l’occurrence, il s’agit donc d’assumer que le système scolaire qui prévalait dans les années 50 ou les années 80 ne peut encore former convenablement les enfants d’aujourd’hui, à plus forte raison quand le changement s’accélère : numérisation et digitalisation, renouvellement permanent des emplois et des modes de production, nouveaux enjeux écologiques et géopolitiques notamment.

D’abord, il faut comprendre pourquoi, dans la tête des femmes et hommes politiques, la pression réformatrice se fait sentir aussi urgemment. Chaque année, les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) soulignent les faibles performances des élèves français en comparaison à ceux des autres pays développés. Dans trois compétences clés – mathématiques, sciences et lecture – un panel d’élèves est évalué et l’opinion publique semble s’alarmer d’un déclassement structurel des générations françaises. Il semble naturel de s’en préoccuper. Cela va alors dans le sens du sentiment commun que les plus jeunes ne sont pas aussi cultivés et travailleurs que leurs aînés à leur âge.

Pourtant, il conviendrait de rappeler qu’une étude du King’s College London a prouvé, en compilant 200 000 tests mondiaux, que le QI de la nouvelle génération a augmenté dans tous les pays du monde. Certes, le QI n’est pas un indicateur global d’intelligence et vaut autant que la réussite à des tests scolaires de type PISA. Il permet seulement de montrer le sens logique de l’enfant testé, et donc par là l’éveil cognitif inné ou acquis. La capacité d’abstraction de l’être humain a progressé par l’amélioration du niveau de vie global et des systèmes d’éducation. De même, l’accès à la connaissance est de plus en plus simple grâce au développement territorial et numérique de chaque pays. Cela n’exclut pas l’idée que la France puisse être à la traîne dans cette poussée de l’intelligence ou que le système scolaire de notre pays ne sache pas optimiser cette richesse nouvelle.

Illustrations, le système scolaire français entre tradition et réforme

En revanche, il va sans dire que l’accès à l’information dès le plus jeune âge crée une génération plus alerte, plus curieuse et plus capable de satisfaire cette curiosité. Les connaissances délivrées par un enseignant pourraient s’acquérir par le biais d’une simple connexion sur Wikipédia et à l’allumage d’une calculatrice, serions-nous tentés d’affirmer. Mais ce qui fait la spécificité de l’enseignement n’est-il pas le cadre, qu’il soit autoritaire ou pédagogique ? Si l’enfant, d’après les études scientifiques, semble être disposé à être plus vif, alors l’école doit comprendre le propre de la nouvelle génération et adapter ses méthodes. Existe-t-il pour autant un système intangible, et certaines techniques fonctionnent-elles en toutes circonstances ? Les systèmes stricts des pays d’Asie du Sud-Est, basés sur l’autorité de l’enseignement, la répétition, le par coeur et la quantité horaire, semblent porter leurs fruits alors que Singapour et la Corée du Sud caracolent en tête des classements PISA. Au lieu de se plier à la nouvelle génération, c’est elle qui se contraint davantage à la stabilité d’une éducation rigoriste et exigeante, lourde de symboles, pétrie par la tradition et la culture de la hiérarchie.

La nouvelle génération, cette inconnue

La méthode est l’enjeu principal : faut-il contraindre l’élève, l’astreindre à la répétition et à la crainte de l’autorité ? Faut-il plutôt laisser l’enfant chercher par lui-même, s’appuyer sur le sens de l’écoute et de l’accompagnement d’un enseignant qui sait que l’on est plus enclin à comprendre lorsque l’on n’est pas formaté ? Surtout, y a-t-il une réponse absolue ou cela dépend-il des enfants concernés, donc de l’air du temps ? Daniel Casoinic, enseignant-chercheur à la Basel School of Business, a pris le parti de l’analyse générationnelle et tente dans un article de dégager les spécificités des générations dites Y (personnes nées entre 1980 et 1995 selon l’auteur) et Z (nées après 1995).

L’enfant de 2018, à l’évidence, n’est pas celui d’hier pour plusieurs raisons. Les nouveaux modes d’éducation préscolaire, la mutation des cellules familiales, la présence des écrans, la globalisation ou même les changements de paradigme sur le marché du travail sont autant de critères à prendre en compte pour qui veut comprendre à qui l’on a affaire. Les jeunes français ont un esprit plus entrepreneurial et sont moins motivés par le seul salaire. De même, ils semblent être à la fois optimistes en l’avenir et soucieux de leur propre parcours. Les plus jeunes seraient, encore plus que leurs aînés, “flexibles, autodidactes et sans attaches”, mentionne D. Casoinic. Enfin, ils ont des attentes de l’école autre que la simple transmission de savoir : ils souhaitent des “leçons de vie” afin d’être préparés au monde professionnel, de la compréhension de la part des enseignants quant à leur orientation, de l’adaptabilité et une grande dimension internationale.

La société française d’aujourd’hui attend une meilleure autonomie de l’individu, et les études montrent que cela a bien été intégré par la génération Y. Celle-ci est souvent caractérisée par le besoin de comprendre la raison pour laquelle on lui demande d’accomplir telle tâche, sans quoi elle ne sera pas encline à la réaliser ; de même, les individus de ce groupe seraient plus volontiers critiques vis-à-vis de l’autorité et de la tradition ; enfin, elle a dépassé l’idée que le travail et la famille étaient une fin en soi dans la réalisation de sa vie.

Illustrations, le système scolaire français entre tradition et réforme

Par cela, les enfants d’aujourd’hui représentent un défi pédagogique, sans considérer qu’ils soient moins brillants ou moins disciplinés. Ils ont conscience que certains apprentissages leur seront peu utiles dans la vie quotidienne, qu’Internet leur offre souvent la réponse aux questions qu’ils se posent, et que c’est à eux-mêmes de se former de manière indépendante au travail auquel ils aspirent, et non à l’école de les préparer au monde du travail en général. Ces spécificités appellent de surcroît à une reconsidération du contenu enseigné. Par le regard critique, mais aussi par la mondialisation et l’héritage des migrations, les élèves ne peuvent plus adhérer au mythe républicain français comme il a pu être enseigné il y a un siècle. L’histoire inavouable, l’histoire des vaincus, l’histoire des civilisations méconnues peut alors prendre une place de choix dans l’enseignement face à un roman ethnocentré qu’aucun ne pourrait encore tolérer. Pourtant, le débat reste vif, car il porte en lui la question même de l’objectivité de l’enseignement. Entre l’amour de son pays et le devoir de regard critique, les oppositions sont souvent vives, on l’a vu sur le plateau de L’Émission politique. François Fillon était invité face à l’enseignante militante Laurence de Cock. Cette dernière, essayiste historienne militante, reprochait au candidat de sacrifier au fantasme de la France éternelle la pertinence du regard critique de l’enfant. Cette question du roman national implique un débat bien plus vaste : alors que foisonnent les émissions de vulgarisation et les encyclopédies en ligne, le professeur n’est-il pas désormais, non plus celui qui détient la vérité unique, mais celui qui nous apprend à faire le tri ?

La « société de la connaissance », comme la désigne le théoricien du management Peter Drucker dès les années 60, repose essentiellement sur un besoin permanent d’information et d’actualité, dans la vie sociale comme dans la vie professionnelle. Les réalités géopolitiques se complexifient au fur et à mesure que les pays du globe se rapprochent et entremêlent leur destin. Les métiers s’en trouvent intrinsèquement modifiés. Parce que l’on a besoin de mieux connaître le consommateur, il faut mieux comprendre l’individu, son milieu social et culturel, sa manière de penser, l’influence des symboles qui l’entourent. De plus en plus de métiers dépendent alors de cette compréhension de l’indicible, de cette analyse en profondeur des forces sociales. Le citoyen à son tour doit mieux prendre en compte la diversité des enjeux pour faire des choix et ainsi mieux maîtriser son empreinte sur la planète. Le monde moderne repose donc sur une meilleure diffusion du savoir, sa valorisation dans la chaîne de production, ne se contentant plus de l’action pure mais requérant l’innovation, l’analyse de marché et l’expertise scientifique, et par l’impératif d’être « à jour ». Cette donnée est essentielle pour penser le rôle de l’enseignant : s’il parait démodé, si ses informations ne semblent pas fiables ou critiquables, il s’expose à la défiance de l’élève mais aussi de notre société en quête de nouveauté et de débats.

Illustrations, le système scolaire français entre tradition et réforme

Les possibilités du changement

Pour aborder ce défi, nombreuses sont les tentatives d’innovation afin de mettre à la page le rôle de l’école. Les neurosciences défendues par Jean-Michel Blanquer pourraient déjà faire le tri entre méthodes efficaces et inefficaces, par la rigueur intellectuelle qu’apporterait l’expertise scientifique. Pour savoir comment enseigner, il semble utile de comprendre comment le cerveau apprend. Les compétences logiques à acquérir ne sont après tout que des mécanismes que l’organe cérébral doit intégrer à son système. Aussi la biologie de l’enfant est-elle un facteur clé, par exemple sur les questions de sommeil ou de l’utilisation des écrans. Les jeux interactifs peuvent être un formidable outil d’auto-apprentissage s’ils ne déclenchent pas d’addiction à l’ordinateur ; ainsi faut-il trouver un juste équilibre propre à chaque enfant.

Le rapport même de l’enfant à l’apprentissage est en jeu. Le professeur perd son rôle de « déverseur de savoir » dans le crâne des jeunes et ne peut se substituer à Internet et aux autres distractions qui peuvent inquiéter les parents. Certains pédagogues ont ainsi théorisé le modèle des « classes inversées » comme celui à même d’envisager l’école de demain. Marcel Lebrun, professeur en technologies de l’éducation à l’université catholique de Louvain présente trois modèles de classes inversées. Le premier repose sur l’apprentissage du cours à la maison via des supports numériques et sur la réalisation des devoirs en cours en compagnie de l’enseignant. Ainsi, l’enfant autonome peut découvrir au travers d’une vidéo, d’un texte ou d’un site un ensemble de connaissances factuelles que le professeur lui propose de mettre en pratique par la suite en sa compagnie. Le deuxième modèle repose sur la préparation d’exposés en groupe et sur la présentation de ceux-ci dans des classes-débats. Les élèves sont amenés à collaborer, à se partager le travail et à comprendre par eux-mêmes les enjeux de la tâche qui leur incombe. De plus, ils doivent prendre la parole et présenter leur production, capacités encore mal intégrées dans notre système scolaire. Le troisième modèle regroupe enfin les deux pratiques : à chaque nouveau thème, les élèves font des recherches préliminaires, exposent ce qu’ils ont appris à l’enseignant, qui leur prépare alors un cours à distance purement théorique qu’ils devront par la suite mettre en pratique dans des exercices oraux et écrits. La vertu principale de ces modèles serait de redonner du sens à la présence en classe, alors même que le savoir est numérisé et que la curiosité doit être aiguisée le plus possible pour permettre ensuite l’utilisation pertinente de la connaissance.

Des enseignants de l’école publique intègrent déjà cela. Nous avons rencontré une professeure d’histoire-géographie d’un collège de Nice qui a changé radicalement sa classe. De nouvelles chaises, ergonomiques, modulables, avec table et casier à cartable intégrés parsèment une grande salle où l’élève peut être assis ou debout et se déplacer.  « Le mobilier fixe limite les interactions entre les élèves, les enseignants et les contenus », explique-t-elle. L’espace est aussi modulable que le cours et ses supports : les élèves travaillent sur tablette, sur papier et au tableau, ils visionnent des extraits de documentaires, découvrent des animations interactives et analysent des textes. Ils doivent ensuite produire en groupe des exercices (croquis) techniques ou dynamiques (exposés) pour exploiter le cours, autour de thématiques ludiques comme, par exemple,  « La ville de demain ». « Cela permet à l’élève curieux de présenter ce qu’il sait déjà et d’utiliser ce qu’il apprend, et à l’enseignant de lui donner les clés nécessaires pour optimiser cette connaissance »,  poursuit-elle. Les cours sont accessibles en ligne, les devoirs sont en réalité des textes ou vidéos à travailler pour préparer le cours suivant. Moins contraignant donc pour les enfants et les parents. Toutes ces innovations semblent répondre avec justesse aux analyses de D. Casoinic.

Nous nous dirigeons ainsi vers un système de MOOCs (massive open online course), où la théorie est disponible à chacun et où l’éducation fournit la pratique et la valorisation intellectuelle et professionnelle. Le digital s’invitera, quoi que l’on en pense, dans la vie des élèves.  Selon digiSchool, un tiers des lycéens français passent plus de 3 heures sur leur smartphone (ils sont 97% à en avoir). 80% pensent aussi, selon la même étude, que les applications de révisions de cours sont complémentaires aux révisions classiques. Certes, il faut encore des enseignants pour apprendre à écrire, à parler, à aimer la littérature, pour découvrir des pans méconnus du savoir humain et pour nous accompagner dans la définition de notre projet de vie. Néanmoins, quitte à reconnaître la victoire du numérique parmi la nouvelle génération, autant l’exploiter pour que les professeurs puissent la tourner à leur avantage. Le challenge n’est plus de savoir ce qu’il faut apprendre ou s’il faut l’apprendre via un ordinateur, mais plutôt d’accepter que les évolutions radicales de la société et de la nouvelle génération imposent un nouveau rôle à l’Éducation nationale. Si les symboles importent et que la question demeure sensible, s’agissant de l’avenir de nos enfants, c’est à leur bénéfice uniquement que les réformes doivent se porter pour en faire des individus aptes au monde de demain. Et après tout, qu’importe si le monde de demain nous plaît ou non, tant que la nouvelle génération est en mesure de modeler ce monde et de prendre en main son avenir.

Daniel A. Casoinic Enseignant-chercheur en GRH, The Basel School of Business, MBway Strasbourg

Commission européenne, Plateforme électronique pour l’éducation et la formation des adultes en Europe

Marcel Lebrun, « De la classe inversée à l’école de demain », Le café pédagogique »

Christine Legrand, « Les neurosciences, une piste à explorer pour l’éducation », La Croix